ECOLE SOCLE DE NOTRE REPUBLIQUE

Bien entendu, dans un État de droit, on soutient les forces de l’ordre dont la mission est de garantir la liberté et la sécurité de tous les citoyens quelles que soient leurs origines, croyances et opinions politiques. C’est la République qui repose sur notre constitution.

Ensuite, tout ne peut être communication. Certes, elle est importante notamment pour relayer les intentions, mais elle n’est pas suffisante.

Les coups de menton n’ont qu’une durée limitée et une démocratie ne peut se satisfaire d’une répression, nécessaire sur le court terme, pour répondre à des exactions. Une démocratie ne peut aspirer à un État policier, nous en connaissons tous les dérives et sa finalité.

La réflexion aujourd’hui doit être tout autre. Notre société a évolué et une évolution n’est pas toujours positive, contrairement à ce que l’on aimerait croire.

Retrouver la sérénité dans notre pays est une nécessité car son absence nuit toujours et inexorablement, aux populations les plus démunies et défavorisées.

Notre démocratie est vieillissante et il devient de plus en plus urgent de la faire évoluer positivement vers une déoratie moderne.

Nous devons nous interroger sur les territoires, la mixité sociale, l’entre soi qui nuit à la cohésion sociale.

Retravailler l’urbanisme pour créer cette mixité sociale, redonner vie à nos quartiers et nos villes et soutenir le monde associatif pour alimenter cette cohésion sociale, tout simplement le vivre ensemble.

Tout cela ne se fera pas sans changer en profondeur certains équilibres politiques, économiques et sociaux. Tout citoyen doit trouver sa place dans notre société et surtout, il doit pouvoir y vivre dans la dignité.

L’Ecole est bien entendu le socle de notre République, il est temps de lui laisser du temps pour ancrer les apprentissages nécessaires à notre temps, notamment des apprentissages citoyens, eco-citoyens. Elle doit pouvoir le faire au-delà du temps politique qui est toujours plus court que le temps pédagogique sans cesse bouleversé au gré des changements de majorité.

L’Ecole n’est pas le maillon faible de notre société, on ne lui laisse pas le temps de s’adapter et c’est pour moi, le premier problème de notre société.

Une société instruite et cultivée est une société qui réfléchit et pense, une société altruiste et bienveillante qui constitue alors une démocratie moderne et ouverte au monde.

Il est plus que temps de revoir notre Sysème éducatif pour lutter contre tous types de discriminations, il est temps de le stabiliser pour former les générations futures et enfin retrouver un dialogue serein et positif dans notre pays.

JEAN WILLIAMS SEMERARO

EDUCATION PRIORITAIRE

Nous pouvons nous féliciter de la nomination de Sarah et Nathalie, respectivement, secrétaires d’Etat à la Jeunesse et l’engagement et à l’éducation prioritaire, auprès du ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports.

Ces nominations interviennent dans des domaines qui posent clairement la question de la mixité sociale dans notre pays, le socle de la cohésion sociale et de notre démocratie vieillissante. L’évolution vers une démocratie moderne demande plus que la création de deux secrétariat d’Etat, certainement un ministère à la mixité sociale, associé à un commissariat au plan, permettrait d’ouvrir le champ des possibles et nous fixerait un cap à court et moyen termes pour un véritable changement de société, une réelle transition pas seulement écologique.

La question que nous devons nous poser est bien  celle de savoir, ce que nous démocrates, attachés à une société plus juste, souhaitons voir évoluer pour que l’homme soit réellement au centre de nos projets et décisions.

Tout d’abord, la Jeunesse et l’Engagement.

Quand on observe la vie politique de notre pays, force et de constater un certain désenchantement de la vie politique qui se traduit également dans les urnes, par de fortes abstentions lors des divers scrutins. Cela interroge quand on observe que la plus grande part des électeurs sont des séniors, nous indiquant de fait que les jeunes participent très peu à la vie civique. Les causes sont-elles l’Ecole, l’éducation, la transmission de valeurs au sein des familles ? La question mérite d’être abordée d’autant plus que depuis une trentaine d’année, nous pouvons noter un désintérêt de l’investissement citoyens à tous les niveaux qu’ils soient associatifs, syndicaux et politiques. Certes les structures demeurent, mais que représentent-elles si ce ne sont des individus, des personnalités qui trouvent là un champ pour s’exprimer. Mais c’est insuffisant pour maintenir une cohésion sociale, bien mise à mal par des groupuscules actifs qui pourraient nous laisser croire que notre démocratie ne suffit plus à garantir la justice, l’égalité et l’équité. Probablement est-ce le cas. Quand des milliers de manifestants perturbent la vie de nos concitoyens, tous les samedis et que ces manifestations dérapent vers de violences inadmissibles, nous sommes confrontés à une difficulté majeure, celle du dialogue et surtout de pouvoir trouver des responsables avec qui débattre.

La vie associative est certes développée en France, mais qui concerne t’elle ? Au cours de ces trente dernières années, nous avons pu mesurer une influence moindre des fédérations de Jeunesse et d’éducation populaire dans l’éducation. Et c’est là que nous rejoignons tout simplement l’éducation. Il y a encore quelques décennies, les enseignants étaient investis au sein de ces associations qui apportaient également une plus-value pédagogique. Ces enseignants encadraient les colonies d vacances et centre aérés, pendant leurs congés et de fait, avaient une autre approche de l’enfant que celle de l’élève.

Aujourd’hui, nous pouvons donner un nouveau souffle à ces fédérations et associations complémentaires de l’école qui nous permettraient de développer des alliances éducatives avec pour objectifs premier, celui de la formation citoyenne des jeunes générations dans un premier temps. Dans un second temps, en rassurant ces structures associatives sur leur avenir, nous pourrions développer des politiques à plus long terme pour soutenir les projet péri-éducatif sur l’ensemble du territoire et pas seulement dans les quartiers relevant de la politique de la ville.

La transition se fait tout naturellement avec l’éducation prioritaire.

Pourquoi une éducation prioritaire ?

Avons-nous besoin d’une éducation prioritaire ?  Est-ce démocratique de cibler des quartiers ou des territoires qui méritent une discrimination positive pour lutter contre des inégalités sociales et culturelles. Ne créons-nous pas, par cette politique, une stigmatisation de certaines populations ?

L’éducation prioritaire, développée par le ministre SAVARY dan les années 80’s, était certes une politique généreuse, mais nous savons tous que toutes mesures censées être positives, ont toujours des contre-parties qui les pervertissent.

En l’état actuel de notre société, il convient de donner des moyens pour limiter et réduire les inégalités liées aux territoires et aux origines, nous avons peu de solutions, toutes choses égales par ailleurs.

Notre urbanisation, le développement de nos cités et l’évolution des territoires ruraux ont malheureusement conduit à renforcer l’entre soi, mais aussi incité à de nouvelles formes de communautarismes. La mixité sociale est en souffrance dans notre pays et la cohésion, indispensable pour le maintien des équilibres sociaux est économiques, bien mise à mal.

En renforçant les moyens dévolus à l’éducation prioritaire, nous ne réglons pas la question de fond qui est celle de la mixité sociale.

Toutes choses égales par ailleurs.

C’est probablement sur le « toutes choses égales par ailleurs » que pêche notre démocratie aujourd’hui. En toute bonne foi, nous voulons faire évoluer notre société, donner plus à ceux qui ont moins, mais « toutes choses égales par ailleurs ». Inutile de préciser que si nous ne changeons pas certains équilibres économiques, politiques et sociaux, les solutions que nous envisageons, n’ont qu’un effet palliatif et temporaire.

La crise sanitaire que nous connaissons où de nombreux équilibres se sont rompus et malheureusement d’autres suivront, constitue probablement une opportunité politique pour engager un changement qui nous conduirait vers une démocratie moderne adaptée à notre temps, pour préserver l’avenir des générations futures.

Les grands changements se font dans l’histoire de l’homme, par des révolutions qui sont la plupart du temps violentes, mais permettent une régulation des rapports entre les individus et les politiques ensuite mises en oeuvre.

La crise sanitaire a été et est encore, d’une rare violence et nous devons nous saisir de la période actuelle pour engager des transitions indispensables à notre société, à notre démocratie.

Nous sommes tous convaincu que la transition écologique est un enjeu primordial pour nos sociétés des XXI’s, mais nous devons la porter avec une transition politique, économique et sociale. Nous en avons la responsabilité, à nous d’agir pour que le « Monde d’après » privilégie l’humain dans un environnement préservé.

Jean Williams SEMERARO

Délégué départemental du MODEM 43

Quand PEKIN punit …

Quand Pékin punit les pays les plus courageux….

Un bulletin éditorial de l’agence Bloomberg en date du mardi 12 mai 2020.

Le gouvernement australien avait eu très récemment le courage de monter le premier au créneau pour exiger publiquement de Pékin une enquête internationale (hors  cette OMS très déconsidérée) sur l’origine de la pandémie. Ni le Royaume Uni, ni l’Union Européenne ne l’ont suivi tandis que Trump, une fois encore, n’allait pas au bout de sa démarche.

Le gouvernement australien s’est donc retrouvé isolé face à Pékin. Résultat : le Parti Communiste Chinois (PCC) se permet aujourd’hui de lui administrer « une leçon », à lui ainsi qu’aux gouvernements des pays qui sont encore un tant soit peu souverains : « Ne vous aventurez surtout pas à défier notre Empire sur quelque sujet que ce soit, nous avons toutes sortes de représailles sous la main pour vous punir ».

Ce n’est donc pas parce que l’opinion publique occidentale commence enfin à se retourner contre le Parti Communiste Chinois que mécaniquement, celui-ci va interrompre sa marche à l’hégémonie. Si Pékin voit diminuer son softpower, peu lui chaut, il dispose d’un hardpower qui est redoutable et qu’il est bien décidé à utiliser à ce stade de sa stratégie.

Et seule une alliance, solide et explicite, des pays démocratiques accompagnée d’institutions (nouvelles ou renouvelées : OTAN, G7…) de coopération entre eux pourrait venir à bout de la stratégie du PCC, particulièrement dans la phase, franchement agressive, dans laquelle celui-ci s’inscrit depuis janvier 2020 et le début de la pandémie à Wuhan.

Publié par Agence Bloomberg.

Le Monde de Demain ?

Aujourd’hui, la moitié de la population de la planète est confinée. « L’ancien monde », celui que nous avons connu s’est arrêté brutalement et forte est la tentation d’entrer dans une nouvelle ère, celle où l’humain retrouvera une place prépondérante dans nos sociétés dites modernes.

Nous pouvons constater qu’en fonction des régimes en place dans les nombreux Etats que les citoyens ne sont pas tous à la même enseigne.

Tout d’abord l’histoire et la culture des différents pays ont une incidence forte sur le traitement de cette crise sanitaire qui au fil des jours, se révélant être une crise sociétale. L’accès aux soins et à l’accompagnement divergent d’un système à l’autre.

Nous avons la chance en France d’avoir une histoire et une société qui s’est construite sur un socle de valeurs fortes. Le Premier ministre, hier dans sa conférence de presse, a fait preuve d’une grande sincérité et avec beaucoup d’humilité, nous a dit clairement les choses, ce virus nous ne le maîtrisons pas, il sera avec nous pour de longs mois encore, nous devrons vivre avec et si nous voulons y survivre, il nous faudra nous adapter surtout quand nous sortirons du confinement, nous serons alors vulnérables.

Selon ses propos, il s’agirait de la crise la plus importante depuis 1945 et c’est là qu’interviennent notre histoire et notre culture.

En effet, le préambule de la constitution de 1946 contenait des principes politiques, économiques et nécessaires à notre temps et notre pays s’est reconstruit sur cette base constitutionnelle. Une base solide sur laquelle pouvait s’appuyer notre démocratie, les fondations d’une société solidaire et bienveillante où tous citoyens avaient leur place, une protection face aux aléas de la vie, notamment le chômage car lorsque l’on étudie ce texte fondateur de société contemporaine, nous pouvons y noter que l’Etat doit être en mesure d’accompagner vers l’emploi. Le chômage est donc anticonstitutionnel.

Depuis les choses ont évolué et même si nous avons pu préserver l’essentiel de cette protection constitutionnelle, il convient de reconnaître que le « marché » a imposé ses lois provoquant des déséquilibres et introduisant des inégalités au sein de notre société. Des inégalités qui se sont accrues avec un « hyper capitalisme » basé sur le profit et la productivité, excluant de fait les plus fragiles d’entre nous. Si le capitalisme avait été bénéfique en permettant la réduction de la pauvreté, l’hyper capitalisme pour sa part, a exclu l’homme de son équation économique.

Jean William SEMERARO

Au Centre du Dialogue

  1. Cet été à la mi-août, alors que je pensais conduire un liste du Mouvement Démocrate aux municipales, j’ai souhaité écrire un livre sur la citoyenneté et plus particulièrement, sur la démocratie participative et l’échelon municipal me semblait alors, le bon niveau pour l’aborder, les élections approchaient. Ce livre devait être un livre programme pour mener cette campagne et diverses problématiques liées à la vie de la cité allaient être abordées, d’autant plus que je venais d’être désigné par le MoDem, chef de file pour le Puy en Velay. Les alliances locales qui ont suivi et les choix de campagne ne s’inscrivaient plus dans la démarche que j’avais engagée, de fait les axes de campagne que je souhaitais développer, n’étaient plus d’actualité en termes de méthode. Début janvier, alors que la campagne était bien avancée, j’ai repris la plume pour analyser un certain nombre de thématiques que j’avais identifiées au plan local et j’ai souhaité, les aborder plus largement, au niveau national alors que de nombreuses questions se posaient, notamment sur la poursuite des mouvements sociaux et la crise qui enflait sur la réforme des retraites. La perte de confiance du Président de la République m’a interrogé fortement d’autant plus que nous vivions une période sociale très particulière qui ne pouvait être le résultat de deux années de présidence. Toutes les conséquences ayant des causes, j’ai souhaité remonter l’histoire politique de ces quarante dernières années en qualité de témoin et identifier ces causes qui nous conduisaient aujourd’hui à autant de défiance envers les politiques, à ce manque de confiance.
  • Le plan détaillé de ce livre était prêt et je me suis enfermé deux semaines pour le rédiger, j’avais été témoin, militant et acteur des politiques mises en oeuvre depuis les années 80. Mon objectif était de mettre en miroir la situation actuelle avec les décisions prise au cours de ces quatre décennies, les conséquences avaient effectivement des causes. Mon objectif était une publication au lendemain des élections municipales, pour relancer un débat au centre du dialogue, convaincu que les réponses devaient être apportées collectivement pour susciter l’adhésion de notre communauté d’où le sous-titre: « de la démagogie à la démocratie ou comment rétablir un dialogue positif et constructif ».
  • J’ai abordé diverses problématiques de notre société, posé des questions car les solutions nécessitent un changement de nos modes de vies. Pour ma part, je suis convaincu que le changement doit venir du terrain et l’échelon municipal a toujours été pour moi, le bon niveau, celui des citoyens qui forment une communauté de vie qui président à de multiples choix. Nous sommes tous, individuellement par nos choix, les acteurs principaux de l’évolution de notre société. Par ces choix d’activité, de consommation et de mobilité, nous sommes en mesure de réorienter les politiques économiques d’autant plus que nous sommes tous des consommateurs et de notre façon de vivre dépendent les divers secteurs d’activité de notre pays. L’Etat grand régulateur se doit alors, en fonction des évolutions des comportements, modifier les divers équilibres économiques pour s’adapter à la construction d’une société où l’homme doit être au centre de tous les projets et décisions. Bien entendu, l’ensemble des thèmes abordés dans « Au centre du dialogue » s’inscrivent dans une double réflexion: la justice sociale et la transition écologique.
  • La justice sociale est effectivement très présente dans ce livre et le chapitre consacré à l’Education nationale, aborde largement les inégalités générées par le système qui pourtant sont identifiées depuis des décennies. J’aimerais dire plus, car notre système éducatif est l’héritage du 19éme siècle et qu’il n’est plus adapté aujourd’hui, du moins si l’on aspire à une démocratie moderne. Je précise bien « si » car nous devons bien reconnaître qu’il favorise la promotion d’une élite, comme l’avait souhaité Napoléon à son époque. Mais les époques et l’évolution de notre pays sont aujourd’hui bien éloignées de la nécessité de promouvoir une élite restreinte pour gouverner et gérer les diverses activités de notre société. La promotion sociale basée sur le diplôme a ses limites et ne prend pas en compte les diverses intelligences et surtout les compétences. C’est donc l’intégralité de notre système éducatif qui est à repenser si nous voulons plus de justice sociale, mais les freins sont nombreux et une question se pose: qui est prêt à réformer un système qui l’a promu, lui a permis d’accéder à des responsabilité et intégrer cette élite dont la plupart de ses membres sont issus des mêmes milieux. Cette question est bien celle de la démocratie car notre République repose sur un socle: l’Ecole. Changeons l’Ecole et nous changerons notre République et pourrons évoluer vers une démocratie moderne où tous les talents trouveront leur place.
  • Ensuite, la transition écologique est le sujet transversal car il touche tous les domaines de notre société. Elle est avant tout politique, économique, sociale et enfin environnementale. A quoi nous servirait-il de vivre dans un environnement protégé si nous ne sommes pas heureux. Dans tous les choix, l’homme doit être au centre des décisions prises et surtout que ces dernières soient comprises et suscitent l’adhésion. Il est hors de question de s’éclairer à la bougie et de ne se déplacer qu’à pied ou à vélo. Non. Nous devons nous appuyer sur les évolutions technologiques et la recherche qui sont en mesure de conforter notre quotidien, tout en protégeant activement et efficacement notre planète. Là encore ce sont des choix. Etre Eco-Citoyen c’est avant tout être citoyen et se préoccuper des autres, de notre environnement, tout en s’inscrivant dans de nouvelles solidarités. Privilégier les achats de proximité, limiter nos déplacements, travailler autrement sont autant d’actes citoyens qui contribuent à préserver notre planète et notre avenir. Nous sommes maîtres de nos choix et de cet avenir. Par notre action quotidienne, nous sommes en mesure de changer les grands équilibres économiques qui aujourd’hui régissent le monde, nous sommes individuellement plus importants que nous le pensons.
  • Ce livre est édité par un jeune éditeur de Brioude, Louis Mialot qui a créé les éditions AKKI. J’ai choisi mon éditeur et ce dernier m’a choisi, nous sommes vraiment en phase dans cette aventure éditoriale. J’avais reçu deux propositions d’éditeurs parisiens et me préparais à répondre à l’une d’entre elle, suite à un échange avec son directeur des publications. Un article a présenté les éditions AKKI dans la presse régionale, l’aventure de ce jeune homme m’a séduit, je lui ai envoyé un mail, il m’a répondu. Je lui ai envoyé « Au centre du dialogue » et après l’avoir lu et m’avoir posé certaines questions, il a souhaité l’éditer à compte d’éditeur, il a pris tous les risques et je souhaite le remercier sincèrement pour sa confiance. Le livre est édité, il est actuellement confiné depuis le 24 mars dans des cartons à Brioude. Encore quelques jours et il pourra voir la lumière, de même que l’homme politique que je suis aujourd’hui. Le dernier chapitre porte sur mon évolution politique depuis quarante ans, expose mes choix et la maturation de ma pensée qui me porte aujourd’hui au « centre du dialogue ».

Jean William SEMERARO

La chute des cours du Pétrole

FRANCE CULTURE

Le Billet Economique de Anne-Laure JUMET

Face à la crise économique liée au Covid-19, les cours du brut dévissent. Une situation amplifiée par une crise entre deux principaux pays producteurs, l’Arabie Saoudite et la Russie. Avec des conséquences dramatiques pour les pays émergents.

Les mesures de confinement prises dans plus de 80 pays pèsent sur l’activité économique, et notamment sur les activités très gourmandes en carburant. Conséquence, les prix du pétrole chutent. Une situation amplifiée par une crise entre pays producteurs. Décryptage.  

Baisse des prix à la pompe 

Nous ne sommes plus très nombreux à prendre la route, confinement oblige. Pourtant si nous devions nous rendre dans une station-service, nous pourrions observer la baisse des prix à la pompe. Cette baisse n’est pas équivalente à la chute des cours du brut de ces dernières semaines, puisque les taxes représentent 60 % des prix du carburant. Mais l’effet reste significatif : 25 centimes d’euros de moins sur l’essence et le gazole par rapport au mois de janvier ! Il faut dire que le brent a touché ce lundi son plus bas niveau depuis 18 ans, autour de 22 dollars. Depuis, il est un peu remonté à 24 dollars. Mais on est très loin des niveaux du début d’année.  

Pour mesurer l’ampleur de la baisse, rappelons qu’en janvier, ce même brent produit en mer du Nord, affichait 67- 68 dollars le baril. Evidemment la crise économique liée au Covid-19 explique cette chute vertigineuse. La demande en or noir chute, près de la moitié de la population mondiale est confinée, ce qui réduit les déplacements. Les secteurs du transport aérien, de l’automobile très gourmands en carburant, sont quasiment à l’arrêt. 

Crise entre l’Arabie Saoudite et la Russie 

A cela s’est ajoutée une crise entre deux des principaux producteurs mondiaux de pétrole. Nous sommes le vendredi 6 mars à Vienne. L’Arabie Saoudite propose à ses partenaires de l’OPEP et aux pays associés dont la Russie, un accord pour baisser la production de pétrole, afin de stopper la chute des cours. Mais Moscou joue le bras de fer et refuse la proposition, pour ne pas perdre de parts de marché. Dans la foulée, le baril perd 10 %, autour de 45 dollars.

Et ce n’est pas fini, quelques jours plus tard, l’Arabie Saoudite lance la riposte, et prend le contre-pied complet de la proposition faite quelque jours plus tôt, en décidant d’augmenter, seule, sa production et de baisser ses prix pour inonder le marché avec des produits bon marché. Au passage Riyad met fin à trois ans de politique concertée de baisse de la production. Ce même jour, le prix du baril s’effondre un peu plus et on passe à 35 dollars ! Depuis les cours ont continué à dévisser et les grands pays producteurs commencent à tirer la sonnette d’alarme !

Trump assure qu’un accord est à portée de mains 

En début de semaine, Donald Trump a pris son téléphone pour discuter du sujet avec son homologue russe. Le président américain avait aussi appelé, quelques jours plus tôt, le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, pour lui faire part de sa préoccupation.

Et ce jeudi, coup de théâtre, il affirme, sur Twitter, que la Russie et l’Arabie Saoudite vont s’entendre pour réduire leur production de pétrole d’au moins dix millions de barils par jour, et peut-être même de 15 millions. 

Une telle baisse serait sans précédent. Des déclarations qui ont déclenché une envolée ce jeudi des prix du pétrole mais qui demandent à être confirmées par Riyad et Moscou.

Donald Trump surveille la situation comme le lait sur le feu, lui qui défendait pourtant,  il y a  encore peu un prix du pétrole bas, pour un consommateur américain très attaché à sa voiture.  Mais, à une vingtaine de dollars le baril, la donne n’est plus du tout là même : c’est toute l’industrie du pétrole de schiste et ses milliers de travailleurs qui en pâtissent, notamment au Texas.  « Je n’aurais jamais pensé dire qu’il nous faut une augmentation des prix du pétrole, et pourtant c’est bien le cas » a ainsi reconnu récemment le président américain sur la chaîne de télé Fox News. 

Quant à la Russie, elle est peut-être en train de regretter son « Niet ». Elle n’avait sans doute pas anticipé la réaction saoudienne. Le régime wahhabite a, pour sa part, encore un peu de marge, car ses coûts de production sont très bas . Mais Riyad ne peux jouer très longtemps ce bras de fer, son économie étant très dépendante du pétrole, malgré une stratégie de diversification. Reste donc à savoir si un accord est désormais à portée de mains. 

Des pays en grande difficulté

Un accord auquel sont aussi suspendus des dizaines de pays producteurs, pour qui la situation est encore plus critique. C’est le cas notamment de l’Algérie, dont les exportations sont composées à 95 % de pétrole et de gaz (les prix du gaz sont corrélés à ceux du brut). La Libye, qui exporte déjà peu de pétrole du fait de la guerre, est aussi très impactée. Tout comme l’Iran, qui fait déjà face aux conséquences des sanctions américaines. L’Irak a elle a vu ses recettes pétrolières divisées par deux au mois de mars. 

De très nombreux pays d’Afrique sub-saharienne sont aussi dans une situation très difficile, du fait de cette chute des cours. Le Tchad, l’Angola, le Nigéria, le Gabon … dont les économies sont très dépendantes du pétrole et du gaz et qui vont donc au devant de grandes difficultés … En Amérique du Sud, le Vénézuela ou encore l’Equateur sont aussi fortement touchés .

Récemment, d’ailleurs, les dirigeants du G20 ont promis de travailler avec le Fonds monétaire international pour déployer un plan de soutien financier « solide » en direction des pays  en développement. Certains économistes réclament des annulations de dette. Mais on peut aussi souhaiter, pour ces pays, un accord au niveau de l’OPEP  et de la Russie. Même si cela veut dire, pour nous Français, à l’autre bout de la chaîne, une hausse des prix de l’essence. 

Nationalisation de LUXFER

Propos recueillis par Franck Dedieu

Publié le 21/04/202 dans Marianne

Signataire de notre appel pour la nationalisation de l’usine Luxfer à Gerzat en Auvergne, le président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, élu du Puy-de-Dôme, vient de demander la réquisition du site au Premier ministre, Edouard Philippe. Voici pourquoi.

C’était il y a presqu’un an : en mai 2019, le groupe britannique Luxfer, avait fermé le site de Gerzat dans le Puy de Dôme, et licencié ses 136 salariés. Cette fermeture avait signé la fin des bouteilles d’oxygène à usage médical utilisées par les hôpitaux et les sapeurs-pompiers produites par l’usine. Mais en pleine crise du coronavirus, devant l’impérieux besoin pour le pays de relancer sa production, les salariés se disent toutefois prêts à revenir dans les ateliers pour remettre les machines en route. Et, faute d’accord avec l’actionnaire britannique, ils demandent la nationalisation de leur outil de production. Nous soutenons une telle démarche, notamment à travers une pétition disponible ici. Signataire de notre appel pour la nationalisation de l’usine Luxfer à Gerzat en Auvergne, le président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, élu du Puy-de-Dôme, vient de demander la réquisition du site au Premier ministre, Edouard Philippe. Voici pourquoi.

Marianne : Pourquoi demander directement à Edouard Philippe la réquisition du site par l’Etat après en avoir demandé la nationalisation ?

André Chassaigne : Cette usine est la seule dans l’Union européenne à fabriquer des bouteilles de gaz à haute pression indispensable à l’oxygénation des malades. Elles sont utilisées en ambulances, dans les hôpitaux de campagne et même par les pompiers. Ces bouteilles sont rechargeables mais elles ne doivent pas dépasser une durée de vie. Or, les syndicats gaziers viennent d’obtenir du gouvernement la possibilité de dépasser la date limite. Ces bouteilles peuvent porter en elles des copeaux métalliques ou des fissures de nature à faire courir un risque sanitaire. Au-delà de cette dérogation, un autre problème de souveraineté se profile : il y a un risque de pénurie en bouteilles d’oxygène. Le stock était évalué à 20.000 unités en début de crise. Or, la fermeture de cette usine contraint la France à en importer. Rien ne dit que – à l’instar des masques – les pays producteurs ne réserveront pas à leurs concitoyens l’usage de ces bouteilles vitales.

Mais, le gouvernement peut-il d’autorité réquisitionner un site propriété d’un groupe britannique ?

A.C : Oui. Il vient même de se le permettre avec sa loi d’urgence du 23 mars 2020. L’article 2 confie aux Pouvoirs publics le droit « d’ordonner la réquisition de tous biens et services nécessaires à la lutte contre la catastrophe sanitaire ». Dans un deuxième temps, viendra la question de la nationalisation du site. Il peut y avoir d’autres pistes avec un repreneur mais aussi avec les salariés à travers la mise en place d’une Scop. Quant au véto de Bruxelles, l’expérience montre que la volonté politique peut dépasser le règlement européen. La capacité à faire face au Covid-19 l’emporte sur des considérations de droit et l’Etat doit se doter des moyens d’y faire face. L’argument européen sert souvent à justifier soit l’inaction, soit la marche en avant vers la privatisation de tous les pans de l’économie.

Dans notre appel, votre signature voisine avec celles de l’ancien Ministre socialiste Arnaud Montebourg, de l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy Henri Guaino et du centriste Jean-Luc Borloo. C’est l’Union sacrée ?

A.C : Sans oublier Fabien Roussel, secrétaire national du Parti Communiste. Nous sommes à un croisement politique, à un carrefour où peuvent se rencontrer et s’unir des républicains authentiques capables de faire front autour de l’indépendance économique et de la souveraineté nationale. Et dans ce cadre, par-delà les étiquettes, il faut pouvoir se rassembler pour que des productions névralgiques comme le site de Luxfer soient sous maîtrise publique.

Ces villages qu’on assassine

STEPHANIE JANICOT – NOTRE TEMPS· MAI 2020

NOTRE TEMPS Comment vous êtes-vous rencontrés?

PIERRE BONTE En lisant une tribune publiée dans Le Monde, signée par Céline, 28 ans, qui se désolait de traverser des villages dévitalisés. Je me suis dit que je n’étais peut-être pas un vieux con puisque quelqu’un de jeune pensait comme moi! Je l’ai contactée.

CELINE BLAMPAIN J’étais très en colère, je venais de faire un reportage dans l’Yonne sur la fusion de 16 communes. Dans les campagnes, les villages se sont peu à peu vidés de leurs gendarmeries, de leurs casernes de pompiers, de leurs maternités, de leurs commerces. Parfois il ne reste que les mairies. Lorsque les villages sont fusionnés, ce dernier bastion de proximité tombe et la population est encore plus fragilisée. Je me heurtais à un mur, je ne cessais d’entendre que le maillage de la France était obsolète. Or je crois que c’est la diversité de nos villages qui font notre art de vivre français, comme pour les fromages!

D’où vous vient votre amour si profond pour les villages de France?

CELINE BLAMPAIN Je suis de Cousolre, un petit village frontalier avec la Belgique. Ma famille y est installée depuis cinq générations. Mon nom Blampain est inscrit sur le monument aux morts. L’église bleue est magnifique.

PIERRE BONTE Je viens de Pérenchies, une cité ouvrière de la banlieue de Lille, je suis fier d’être associé à  ses grands événements, d’avoir une salle qui porte mon nom dans le centre culturel. Tout le monde éprouve un sentiment filial envers sa commune. Elle est le tout premier échelon d’appartenance de chaque Français.

Parler d’«assassinat» en titre, n’est-ce pas trop fort?

A qui profite le crime?

PIERRE BONTE C’est violent, mais ce n’est pas trop fort, car c’est un crime organisé. Ce «on« qui assassine, c’est la technocrature, ces hauts fonctionnaires qui établissent des normes à l’échelon national inadaptées au niveau local. L’élite qui nous dirige semble croire que cela va profiter à l’économie mais l’expérience sur le terrain montre que c’est une erreur de jugement.

CÉLINE BLAMPAIN La politique territoriale française est héritée de l’ histoire jacobine, c’est-à-dire de la centralisation. Les préfets, représentants de l’État, ont des pouvoirs considérables. Les petits maires sont, pour le pouvoir central, des empêcheurs de tourner en rond. En les affaiblissant, en leur substituant des fonctionnaires dociles, l’État assied son pouvoir. C’est un vrai danger pour la démocratie participative.

• Pourquoi une grande commune coûte-t-elle plus cher que deux petites?

PIERRE BONTE Lorsqu’on fusionne deux petites communes, non seulement le personnel n’est pas licencié mais un poste est créé pour fédérer les deux équipes. Les petits maires reçoivent des indemnités très faibles (autour de 600 €) et ils savent gérer leur budget à l’économie en faisant appel au bénévolat. Les gens sont prêts à aider leur village, leurs voisins, leur maire. À l’échelle du dessus, une distance s’est créée et il va falloir de nouveaux fonctionnaires pour accomplir le travail des bénévoles, sans compter le salaire du maire qui augmente.

CÉLINE BLAMPAIN Le rapport Attali préconisait la suppression de 30000 communes sur les 36 000 que compte la France. Pour l’instant, seulement un millier ont disparu. Mais la crainte des maires est qu’on les contraigne à des mariages forcés. À la base, nous ne sommes pas contre les communautés de communes lorsqu’elles sont utiles pour travailler ensemble mais ces structures sont utilisées pour transférer le pouvoir des maires à des instances plus lointaines.

• En quoi la commune rurale peut-elle être source de modernité? Comment attirer de nouvelles populations à la campagne?

CÉLINE BLAMPAIN Chaque année, 100000 personnes, souvent jeunes, quittent les villes pour s’installer à la cam­pagne. Ces néoruraux apportent avec eux leur culture du numérique qui abolit les distances et favorise le télétravail. L’envie de proximité avec la nature, de « sobriété heureuse» grandit. Les municipalités ont su proposer des alternatives en se substituant momentanément à des services défaillants. Par exemple, en municipalisant le bistrot, l’épicerie, la ferme communale …

PIERRE BONTE Ce sont des solutions de secours transitoires. Ces services sont destinés à revenir tôt ou tard dans le domaine privé, mais ce sont des gestes d’espoir forts, des actes de résistance.

• Mais les services publics de proximité régressent …

CÉLINE BLAMPAIN La population française augmente. On a besoin de médecins, de gendarmes, d’écoles, de pompiers … Il nous faut donc plus de services publics. Les concentrer dans des pôles éloignés des populations rurales est une question de choix politique. À quelle échelle les gens peuvent-ils s’impliquer dans la vie publique? La commune a fait ses preuves. Les élections municipales sont celles où les gens votent le plus.

• N’idéalisez-vous pas la solidarité entre habitants d’un même village?

PIERRE BONTE Il est vrai que plus on est proche, plus les risques de conflits sont grands …

CÉLINE BLAMPAIN Le conflit fait partie de la vie. L’important est de le surmonter. Dans les campagnes, aux municipales, les listes sont constituées de personnes d’obédiences politiques différentes. Ça permet de se parler. La municipalité est un lieu d’échanges. La campagne montre l’exemple: nous sommes capables de surmonter nos différences. La preuve, Pierre et moi ne sommes pas du même bord politique.

• C’est-à-dire?

PIERRE BONTE Schématiquement, je serais plutôt à droite et Céline plutôt à gauche. La commune se prête bien à l’exercice du vivre-ensemble. Elle nous montre qu’elle génère du bonheur. Plus la société se mondialise, et plus nous avons besoin de proximité.

• Comment voyez-vous l’avenir des campagnes françaises?

PIERRE BONTE Moi, je ne serai plus là pour le voir. Je crois que ce livre est un peu le testament de toutes les convictions que j’ai pu acquérir dans ce métier. J’y crois très profondément, même si nous sommes à contre-courant de l’opinion générale.

CÉLINE BLAMPAIN Je suis très optimiste. C’est une conscience qui se réveille, un mouvement qui se met en marche. La jeunesse a envie de vivre ça.Les communes rurales ont beaucoup à offrir aux nouvelles populations •

NOTRE TEMPS MAI 2020

LE BAC EN EXAMEN

« De cet énorme bouleversement doit sortir un monde nouveau ».
J’emprunte ces propos à François Bayrou dans sa récente interview et je souhaite aujourd’hui, les faire miens.

Quand j’ai écrit « Au centre du dialogue », en pleine campagne des municipales, je souhaitais me projeter sur l’après élections. En effet, l’axe majeur des projets des candidats reposait sur la transition écologique qui de mon avis, ne peut se faire sans une transition économique et politique, dit de façon plus directe, il nous fallait changer de monde.

J’ai abordé dans cet ouvrage paru le 24 mars, mais confiné depuis dans des cartons chez l’éditeur, diverses problématiques de notre société, posé des questions car les solutions nécessitaient un changement de nos modes de vie. Cela me semblait compliqué d’apporter des réponses dans un cadre politique et économique mondial où nous étions tous interdépendants.
Aujourd’hui, les choses sont différentes avec plus du quart de la population mondiale confinée, avec des économies bouleversées et des organisations politiques dans les divers pays qui doivent faire face à une pandémie, jour après jour et éprouvent des difficultés à se projeter à moyen terme. L’ancien monde aurait donc cette fois, vécu.

L’heure n’est pas à la polémique et encore moins à chercher des responsabilités, l’heure est à la solidarité, mais aussi à la réflexion. Nous avons aujourd’hui l’occasion de repenser notre société dans un objectif de justice sociale avec de nouveaux équilibres économiques et politiques, nous devons en sortir vers un nouveau monde où l’humain sera principalement au centre de toutes décisions et projets d’avenir.

Un des sujets qui me tenait à coeur dans « Au centre du dialogue » est l’éducation, plus particulièrement le système éducatif. Tout au long de ma carrière, j’ai lutté au sein de ce sytème pour l’égalité des chances et la mixité sociale, mais tout cela dans un cadre contraint et en le respectant avec loyauté. Très attaché à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, j’ai toujours dénoncé la juste inégalité constitutionnelle qui dispose dans l’article VI de cette déclaration « Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents ». Inégalité car nous savons tous très bien que c’est faux et que dans notre système, les origines sociales et culturelles sont de forts discriminants.

Alors aujourd’hui, je vais m’attaquer au baccalauréat puisque nous nous devons de réfléchir au nouveau monde.
Le ministre d l’éducation nationale doit nous communiquer sous peu, ses décisions concernant l’organisation de ce monument national dans le contexte particulier de la pandémie. Il me semble qu’il est temps de changer le modèle.
Tout d’abord, un rappel. Ce diplôme a été institué par un décret du 17 mars 1808 et sa première édition, sous forme d’épreuves uniquement à l’oral, s’est déroulé en 1809. Les premiers titulaires du bac n’étaient alors que 31. La première bachelière, Julie-Victoire Daubié, a décroché son diplôme en 1861, à 37 ans.

Aujourd’hui, ce sont des cohortes moyennes de 700.000 lycéens qui se présentent à cet examen et en dehors du stress qu’il procure chez les élèves, les parents et les enseignants, il a également un coût. Certains articles avancent un coût de 80 euros par candidat ce qui porterait cette organisation à près de 60 millions d’euros. D’autres articles avancent des coût cachés et la réalité serait vraisemblablement plus proche d’un milliard et demi d’euros. Où est la vérité ? Peu importe, nous sommes tous suffisamment conscients pour comprendre qu’une telle somme pourrait être réinvestie au sein du sytème éducatif, justement pour rétablir une réelle égalité des chances.

Mais au-delà du coût, interrogeons-nous sur la nécessité de cet examen. Est-il réellement utile ? Au regard du taux de réussite, nous pourrions avancer que pratiquement tous les élèves l’obtiennent. Quelle nécessité alors de le maintenir d’autant plus que Parcours Sup qui affecte les élèves dans le supérieur s’appuie sur les notes obtenues par les lycéens, en gros l’affectation se fait sur le contrôle continu et les futurs étudiants connaissent leur affectation post-bac avant d’avoir les résultats de l’examen.

Il est probablement temps, dans le nouveau monde que nous voulons dessiner, d’envisager la délivrance de ce diplôme, uniquement sur la base du contrôle continu qui me semble également plus positif en termes d’apprentissages, demandant de fait application et constance tout au long de la scolarité en lycée et mettant fin à ce bachotage ridicule et stressant.

De ce bouleversement doit sortir un nouveau monde et nous savons que le système éducatif est la pierre angulaire de notre République. Alors osons le changer, nous en avons l’opportunité d’autant plus que l’ensemble des évaluations internationales, nous ont démontré depuis les premières évaluations PISA en particulier que notre système n’était déjà plus adapté dans l’ancien monde. Ne reproduisons pas les mêmes erreurs, cette fois ce serait une faute.

Et pour conclure: « Impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque. A te regarder ils s’habitueront ». René Char
Mes cher-e-s ami-e-s, pourquoi ne pas déposer un projet de loi pour réformer d’ores et déjà la session 2021 de cet examen ?

Jean William SEMERARO

CETA : l’abdication

Qu’on se le dise, la France va sauver le climat et défendre les valeurs universelles, si possible avec tambours et trompettes, et applaudissements à l’ONU. Il faut dire que l’abominable Trump joue les parfaits repoussoirs. Face à ses rodomontades guerrières (dont on se gardera d’analyser les prémices concernant le concept de souveraineté, qui rendent le discours bien moins délirant), on aligne les perles sur la défense de cette Terre que nous partageons, sur cette «indépendance dans l’interdépendance» qui nous rappelle que nous sommes tous frères.

Voilà qui ne coûte pas grand-chose. Et qui ne réclame aucun courage car il n’est pas d’ennemi plus confortable que celui que l’on s’invente en toute abstraction.

Mais le surlendemain de cette démonstration de bonnes intentions entrait en vigueur en Europe le traité de libre-échange avec le Canada. Dans l’indifférence générale, le Ceta est mis en place « à titre provisoire », en attendant que les parlements nationaux et quelques parlements régionaux le ratifient.

Il y avait urgence, en effet. Pourquoi s’embarrasser du vote des représentants des nations. La Commission voulait faire de ce traité et de tous les traités de libre-échange des traités « «non mixtes», c’est-à-dire relevant de la seule compétence des instances bruxelloises. C’est ce qui arrivera pour les traités avec la Nouvelle- Zélande et l’Australie. Tout cela ne concerne pas les peuples, qui sont trop abrutis pour juger de la bonne marche du commerce. Ils ont le mauvais goût de vouloir préserver leurs paysans, leurs produits, de tenir à leurs normes de santé et de sécurité, de rechigner devant une assiette de veau aux hormones ou de saumon OGM. Et parfois, il prend l’envie à leurs représentants, pourtant bien dressés et parfaitement sélectionnés, de les écouter et de refuser de ratifier un traité. Rien de tel, donc, que la négociation secrète et les décisions non concertées.

C’était d’ailleurs la conviction d’Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle.

Mais le besoin de dépasser son socle de 24 % lui a inspiré entre les deux tours une idée brillante: mettre en place une commission d’experts indépendants chargée d’évaluer les conséquences du Ceta sur l’environnement et la santé.Notre jeune président connaît son petit Clemenceau illustré: si vous voulez enterrer un problème …

Ladite commission a donc rendu son rapport: entre le tribunal d’arbitrage permettant à des industriels de contester des politiques publiques et les potentielles remises en cause des réglementations en matière de bien -être animal, de sécurité sanitaire ou de propriété intellectuelle du vivant, l’accord, disent les experts, est en totale contradiction avec les ambitions de la France en matière de climat.

Voilà qui ne semble pas perturber notre orateur onusien. Son domaine, ce sont les mots, la pensée complexe. La réalité est trop simple pour lui. Car la réalité, ce sont ces 46 substances dangereuses interdites en France et répandues sur les cultures canadiennes. Ce sont ces dizaines de milliers de tonnes de viande canadienne qui arriveront sur le marché européen environ 30 % moins chères que la viande française car l’agriculture canadienne est entièrement industrialisée, avec traitement des animaux aux anabolisants et aux antibiotiques. La ruine des filières agricoles françaises, envoyées à l’abattoir pour permettre aux grands groupes industriels d’étendre leur emprise, est une réalité simple dont l’évidence devrait nous aveugler. La remise en cause, au nom du commerce, des protections offertes au consommateur selon une conception européenne du bien commun devrait soulever l’indignation.

Ce traité, comme » tous ceux négociés par la Commission européenne ces dernières années en toute discrétion, ne s’intéresse pas aux barrières tarifaires, déjà extrêmement basses, mais aux « barrières non tarifaires », toutes ces normes qui traduisent une vision des rapports sociaux, de l’histoire économique, de la culture industrielle et agricole d’un pays; une vision de l’inscription de l’homme dans son environnement. C’est tout cela que nous abdiquons, ou plutôt que nos gouvernants et nos représentants abdiquent.

 

Mais s’en indigner, faire remarquer à notre président que l’histoire ne jugera pas ses discours mais ses choix politiques,expose aux sarcasmes. La démocratie, c’est très «monde ancien». Il faut « penser printemps » … et penser commerce. Et écouter le ministre Nicolas Hulot déplorer un «processus tellement lancé que, à moins d’un incident diplomatique avec le Canada, ce que nous ne souhaitions pas, c’était difficile»: .. Bref, le fait accompli permet une fois de plus de s’asseoir sur la volonté des peuples. Mais, promis, la prochaine fois, ce sera différent. D’autres filières seront mortes, d’autres savoir-faire français auront disparu, mais notre président sera salué comme un grand défenseur du climat, un homme résolument soucieux de l’avenir.

L’ennui, avec l’avenir, c’est qu’un jour il advient: il faut alors assumer.

Natacha Polony

Le Figaro 23/09/2017