MME MERKEL ET LA TURQUIE

A l’issue des printemps arabes, les Présidents Egyptiens et Tunisiens ont très vite laissé apparaître la direction qu’il souhaitait prendre. La Turquie emprunte le même chemin avec son Président Erdogan de même obédience : « Les Frères Musulmans ». Il n’est plus de semaine sans que de nouvelles mesures et comportements éloignent un peu plus la Turquie du modèle démocratique européen.

Les poursuites des journalistes et des supports de presse ne se comptent plus et même à l’égard de correspondants étrangers qui sont expulsés. Erdogan n’hésite pas à se plaindre auprès des gouvernements de propos désobligeants publiés dans leurs pays. Mme Merkel s’est crue obligée de le comprendre et la plupart des médias allemands lui ont rappelé la liberté de la presse. La miss Turquie 2006 a été condamnée à 14 mois de prison avec sursis pour avoir posté sur Instagram un poème satirique sur le président turc. En mai dernier, Recep Tayyip Erdogan a indiqué que le planning familial et la contraception ne convenaient pas aux familles musulmanes.

Depuis le début des conflits en Syrie et en Irak, de nombreux témoignages ont dénoncé l’attitude ambigüe de la Turquie. Les armes et le pétrole ont beaucoup circulé sur ses frontières. Pour se sortir de législatives difficiles, il s’est empressé de relancer le conflit avec les Kurdes, il menace à présent les députés kurdes.

A présent, il a fait des réfugiés sur son territoire, les otages de son marchandage à la Communauté Européenne. Débordés et impuissants, les dirigeants européens laissent Mme Merkel dialoguer avec le maître-chanteur. On ne compte plus les rencontres de ses 2 personnages qui conviennent d’accords et de promesses hors des contrôles démocratiques. Comment ne pas être choqué de proposer 6 Milliards à la puissante Turquie, sans que les citoyens aient la moindre information de l’aide de l’Europe aux 2 petits pays que sont Le Liban et la Jordanie, et qui au total accueillent autant de réfugiés. Entendu à la télévision, un réfugié syrien au Liban : « je ne veux pas aller en Allemagne, je veux rentrer chez moi … » ce propos est une interrogation sur nos attitudes. Il faut se demander sur quels critères, nous renvoyons des réfugiés vers la Turquie et que deviendront-ils: « des ennemis de l’occident ».

Au risque de ne pas être politiquement correct, l’adhésion de la Turquie à l’Europe a moins de sens que celle de la Russie, Moscou est en Europe et pas Ankara. Mme Merkel devrait se demander lequel de Poutine et d’Erdogan sera le plus dangereux. L’émergence d’entité kurde en Irak et peut-être en Syrie ne pourra qu’être insupportable au regard d’Erdogan qui pourrait souhaiter s’en débarrasser.

Le citoyen ne peut que se demander où est l’Europe, il ne voit qu’une nébuleuse dont Mme Merkel serait la dirigeante.

Jean Marie PEYRON ( 43 )