L’Alternance pour seul projet : Danger

D’après Wikipédia, en politique, on parle d’alternance politique lorsque des partis appartenant à des courants politiques différents se succèdent au pouvoir. En pratique, l’alternance consiste généralement en un renversement de la majorité politique lors d’élections présidentielles et/ou législatives.
Depuis 30 ans, en France nous l’avons largement pratiqué. Au moins 6 fois, le gouvernement est passé du bloc de droite au bloc de gauche ou de gauche à droite, suivant vos préférences partisanes. J’ai l’impression de n’avoir retenu que ce seul argument dans la primaire de la droite. C’est d’autant plus inquiétant qu’il en est sorti le premier ministre pendant 5 ans du quinquennat Sarkozy rejeté en 2017. Au vu de récents sondages (JDD, Odoxa) les Français semblent s’en souvenir. Aussi, je regrette que trop souvent, Bayrou fasse de l’Alternance le préambule de ses discours.
D’une façon générale, en Europe, les électeurs se sentent dépossédés de leur choix politique et la globalisation aidant, ne perçoivent plus toujours, la nécessité d’une alternance politique dont ils ne maitrisent plus ni les enjeux ni les conséquences. Tout se vaut et les extrêmes tutoient, en termes de scores électoraux, ceux des partis classiques, cédant la place à tous les populismes. Droite et gauche apparaissent désarmés, incapables, face à de telles lames de fond, sans apports de solutions concrètes aux problèmes de chômage , d’éducation , de sécurité et d’immigration.La désaffection populaire à l’égard des dirigeants est symptomatique de cette défiance envers le « haut » qui semble déconnecté des préoccupations d’en « bas ».
De plus, dans une France au moins tripartite, le changement de président n’assure pas une alternance législative complète. A scrutin inchangé, à 3 blocs en présence, il n’est pas certain que le nouvel élu obtienne l’appui d’une majorité absolue.
A trop utiliser le mot, nos politiques devraient se méfier que les Français entendent: l’Alternance « nouvelle », celle qui n’a pas été essayé.
Jean Marie PEYRON