HI ….. Résolution Française

A la télévision, il y a quelques mois, Bayrou regrettait que l’extrême droite soit l’obsession du débat , ajoutant que face au FN  » les politiques sont comme des lapins pris dans  les phares »

Ce mercredi, au début de sa proposition d’alliance il a évoqué la situation « décomposée » de la « démocratie » en France qui « nourrit le pire des risques, la flambée de l’extrême droite ».

 

Par un tweet, en septembre dernier, puis chez Bourdin, Bayrou accusait : «Derrière Macron, il y a des intérêts financiers incompatibles avec l’impartialité exigée par la fonction politique.»

Et dans sa conférence, il demande à Macron « une loi de moralisation » de la vie publique.

Au comité de soutien d’En Marche, il va retrouver certains de ses plus constants détracteurs et autres chantres de la mondialisation. En  plus de Jacques Attali, Pierre Bergé, Alain Minc, Daniel Cohn-Bendit, il voisinera avec Patrick Drahi l’entrepreneur financier qui dévore les médias (cf 1fin d’article). Bien souvent, Bayrou a dénoncé la mainmise des industriels sur la quasi-totalité des médias.

 

Il y a à peine une quinzaine de jours, face à l’insistance d’une journaliste à le voir se rallier à Macron, Bayrou en marquait l’impossibilité: « son projet est d’adapter la France à la mondialisation, mon projet est une France qui résiste à l’hyper capitalisme ».

 

Les experts sont légion autour de Macron, certains propos évoquent le nombre de 400 spécialistes travaillant à son programme.

Bayrou a écrit « je crois nécessaires des changements radicaux, mais pas les mêmes que ceux qu’on rabâche à longueur d’antenne. Je me sens assez éloigné de ceux qui s’expriment en cette période électorale. Je bannis les experts qui parlent à la place des politiques. Je parle comme je parle, j’écris comme j’écris, mais c’est moi qui parle et qui écris, et nul autre, nulle plume empruntée, nul « groupe de travail ». Plus rudes sont les temps, plus il convient de les affronter à visage découvert » (cf p14 Résolution Française)

 

Le 5 février 2017, devant son auditoire, Emmanuel Macron avait déjà suscité un tollé en déclarant à Lyon : « Il n’y a pas de culture française, il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse ». En meeting à Londres ce 21 février, Emmanuel Macron a continué ses explications de textes, et même enfoncé le clou : « L’art français, je ne l’ai jamais vu ».

Toujours dans le dernier ouvrage de Bayrou, j’avais apprécié les premières lignes de la page 17 : « La France est la France. Son identité, son ADN ne ressemblent à celui d’aucun autre pays. Car le projet national français, cette identité, ce code génétique, ce n’est pas une question ethnique ou religieuse, c’est un choix politique. Ou philosophique comme on voudra. Ce projet est unique parmi les nations …. Si l’on veut, c’est un projet de résistance …. Résister aux puissances du temps, résister aux hégémonies extérieures, à la fatalité. »

Je cherchais ma conclusion, Bayrou et l’Express me l’apporte en ce dimanche soir.

L’Express Actualité internet :

« Quelques jours après son ralliement à la candidature de l’ancien ministre de l’Economie, François Bayrou a déja tenu à prendre ses distances avec des déclarations d’Emmanuel Macron. Ce dernier avait déclaré qu’il n’y avait pas « une culture française ».

A peine rallié à la candidature d’Emmanuel Macron, François Bayrou marque déjà sa différence avec son nouveau champion. Invité du Grand Rendez-vous Europe1 – Les Echos – i Télé, le président du Modem s’est démarqué du candidat à l’élection présidentielle en estimant qu' »il y avait une culture française ».

En meeting le 4 février à Lyon, le candidat d’En Marche! avait lancé « il n’y a d’ailleurs pas une culture française, il y a une culture en France, elle est diverse, elle est multiple ». Des propos contraires aux convictions de François Bayrou. « Pour moi, il y a une culture française, je suis un défenseur de la culture et de la langue française », a-t-il rétorqué. « Nous portons en nous un patrimoine immémorial qui vient de loin et se projette dans l’avenir (…) On peut remonter très, très loin, à la Renaissance », a-t-il ajouté tout en reconnaissant les différences de sensibilité qui la composent. « Il faut faire sienne cette culture française, elle est irriguée par des sensibilités différentes qui peu à peu l’enrichissent », a conclu le maire de Pau. »

 

Renvoi 1 : Patrick Drahi

Le point de vue de Bernard-Henri Lévy : « Français d’âme et de cœur et ressortissant suisse, citoyen israélien né à Casablanca, Citizen Drahi régnant sur ce territoire sans limite ni frontière que nous assignent les technologies dont vous êtes l’industriel, vous êtes aussi l’un de ces “Gidiens” que l’“idéologie française” réprouve depuis un siècle mais dont nous avons cruellement besoin en ces temps de lourdeur indigène et d’étouffement chauvin – vous êtes l’un de ces citoyens du monde impossibles à assigner à une “souche”, à enfermer dans une appartenance, à épuiser dans l’un de ces trois “n” (le natal, le national, le naturel) », « Patrick Drahi, les Juifs et l’argent », crif.org, 14/05/2015

Renvoi 2 : Patrick Drahi

http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0211544563696-en-deux-ans-lempire-de-patrick-drahi-altice-a-double-sa-dette-a-50-milliards-2046619.php

La FRANCE en a besoin

L’accueil de son livre est excellent. « Résolution Française » a suscité de nombreux articles intéressants et parfois élogieux. L’affaire Fillon qui n’en finit plus, aggrave le rejet du personnel politique. L’ancien Président de la Commission Européenne, M. Baroso avait été le parfait mauvais exemple, en passant à la banque américaine qui avait aidé à truquer les chiffres de la Grèce.  Les contrats des cadres commerciaux incluent souvent des clauses de non concurrence pendant une certaine durée. Non par convention, mais par éthique, les politiques devraient s’imposer les mêmes règles. M. Fillon a confirmé qu’il avait une activité politique depuis 1981 et donc pas d’expériences économiques pratiques. On ne peut que s’interroger sur le type de prestations proposées comme conseil d’entreprises pour des montants significatifs. La suspicion sur la collusion des politiques et des grands intérêts se nourrit de cette confusion. F. Bayrou s’est opposé à la cession des autoroutes et il a dénoncé l’arbitrage Tapie. Des bénéfices choquants et une annulation judiciaire ont confirmé ses craintes et validé son analyse.

Les chiffres sur la répartition des richesses sont effarants. Il en tire la conclusion qui s’impose, l’hyper capitalisme menace l’équilibre de la planète et peut faire craindre pire. Une France confiante en elle-même peut trouver son propre chemin d’équilibre entre les nécessités économiques et les protections sociales.

Ses nombreuses interventions télévisuelles ont fait ressortir la considération dont il jouit. A chaque fois, on a l’impression que le débat s’élève et quitte la dissertation sur quelques mesures économiques. Comme François Bayrou et avec lui, je suis optimiste pour la France.

Jean Marie PEYRON

MODEM Réticent

Il veut attirer les électeurs du MoDem dans ses filets. Dans cette optique, Emmanuel Macron, invité sur le plateau du 20H de TF1 mercredi, a exhorté François Bayrou à le rejoindre en vue de la présidentielle. La tâche s’annonce toutefois ardue. Si, sur le papier, l’alliance a tout du mariage de raison, dans les faits, c’est autre chose…

Questionné sur celui qu’il qualifiait en septembre « d’hologramme » ce mercredi par Gilles Boulleau, le président du MoDem a persisté et signé :  « L’option Macron n’est pas mûre, je ne sais pas quel est son projet, je ne sais pas quel est son positionnement », tançait-il. Ils ont beau chacun prôner le dépassement du clivage gauche-droite, leur rapprochement n’en est pas plus automatique.

D’autant que, du côté des cadres du parti centriste, on ne sent pas beaucoup plus de motivation. En effet, les membres du MoDem contactés par LCI ne veulent pas entendre parler du mot « ralliement », qui ne correspond pas à leur conception de la politique : « Seule une discussion sur le projet est envisageable. Et il n’y a rien de tel à ce jour chez Emmanuel Macron », souligne Maud Gatel, élue UDI-MoDem au Conseil de Paris.

Même son de cloche chez Francois-Xavier Penicaud, président du MoDem du Rhône. « S’il envisage une coalition de projet et de travailler ensemble, ça s’étudie. S’il demande de le rejoindre dans une démarche de soumission et d’effacement de l’identité démocrate et centriste, ça ne peut pas fonctionner », nous explique-t-il.

De fait, les centristes invitent Emmanuel Macron à éclaircir son programme : « Une alliance est envisageable si des points de convergences existent entre notre programme et le sien, explique Marc Fresneau, secrétaire général du MoDem. Mais pour le moment, ses propositions sur les 35 heures, la loi Travail et globalement sur le droit du travail sont floues ». Le conseiller national Sourya Zinnoury renchérit : « Il y a des sujets importants sur lesquels il s’est très peu exprimé, comme l’endettement, l’institutionnel et la citoyenneté, ou même l’environnement »

De son côté, Anaïs Brood, vice-présidente des Jeunes Démocrates, fustige un manque de clarté sur son engagement européen : « Il se dit relativement européiste. Mais de quelle Europe parle-t-il ? D’une Europe fédérale ? Construite autour du couple franco-allemand ? Ce n’est pas très clair ».

Sous-couvert d’anonymat, cet ancien membre du bureau national des Jeunes Démocrates se montre plus incisif, estimant que « Bayrou et Macron n’ont rien à voir ensemble » : « Le Modem doit enfin apprendre à exister par lui-même et arrêter de servir de faire valoir aux autres », fustige-t-il. Pour le moment, François Bayrou ne semble pas avoir tranché quant à une éventuelle alliance avec l’ancien ministre de l’Economie. Au vu des témoignages recueillis plus haut, celle-ci s’annonce néanmoins peu probable. Le maire de Pau devrait rendre sa décision à « la mi-février ».